« Cio' che per il bruco e' la fine del mondo, per il resto del mondo e' una bellissima farfalla.»
Ce soir je suis revenue. Je suis revenue de trois mois de changement, d'aventures, de nouveautés, d'art, d'amitié, de passion. Ce matin en arrivant, j'ai eu la brutale impression de retomber dans un gigantesque marasme, et j'ai pu voir naître un énorme et déplaisant contraste entre mes rêves, ces trois mois et ce retour.
C'est un fait : Je supporte de moins en moins le fonctionnement de ce monde. Je le trouve à chaque fois un peu plus innondé de pourritures, il nage dans la connerie, vénère le vulgaire, en fait un dieu, se passionne pour l'abattage de l'esprit et laisse demeurer le laid sur un bien haut piedestale. Toutes ces choses sans pour autant parraître se débattre, il s'embarque dans la facilité et tout lui devient accessible, formidable ! Le fric hante les rêves de milliard de personnes, on s'arrache des poignées de dollars et on n'hésite aucunement à écraser la gueule du premier qui sera sur le chemin de la gloire déloyale, lâche et perverse. Le monde crève doucement, la culture s'achève, on préfère fabriquer des êtres matérialistes, on se plaît à leur bourrer le crâne d'idées faussement progressistes. Ici, ils laissent sombrer les poètes et ils adorent la dernière connerie qui fera vendre, vendre, vendre, allez.... laissons les pauvres imbéciles tomber dans le panneau, faisons leur acheter ça, et ça, et encore ça. La dictature du laid me dégoute au plus haut point. Je m'indigne souvent, me raisonne, méprise à bien des moment et parfois désespère, d'un désespoir encore rempli d'espoir pourtant..
J'aurai dû rester dans ces villes, où le bonheur me semblait plus brillant. Dans les rues, tous les jours, des évenements minimes au plus exemplaires, l'on en viendrait à pleurer, de tant de détresse, de tant de bêtise ! De tant de laideur, et de superficialité. Oui, le monde est aidé, il n'est pas devenu immonde tout seul.
Tableau « Nighthawks »,
D'Eward Hopper.